<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="4.3.4">Jekyll</generator><link href="http://localhost:4000/log/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="http://localhost:4000/log/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2024-11-03T11:10:01+01:00</updated><id>http://localhost:4000/log/feed.xml</id><title type="html">Log de Stéphane Pouyllau</title><subtitle>Archive statique de certains billets du blog (2005-2020).</subtitle><entry><title type="html">Des historiens et des historiennes à l’ère numérique</title><link href="http://localhost:4000/log/shs/num%C3%A9riques/2018/07/19/historiensnum.html" rel="alternate" type="text/html" title="Des historiens et des historiennes à l’ère numérique" /><published>2018-07-19T19:23:04+02:00</published><updated>2018-07-19T19:23:04+02:00</updated><id>http://localhost:4000/log/shs/num%C3%A9riques/2018/07/19/historiensnum</id><content type="html" xml:base="http://localhost:4000/log/shs/num%C3%A9riques/2018/07/19/historiensnum.html"><![CDATA[<p>Depuis quelques mois, je constate l’émergence d’une nouvelle « génération » d’historiens et historiennes. Il me semble qu’elle est apparue au détour des THATCamps sur les humanités numérique des années 2010-2012. J’y avais constaté la présence d’historiens et d’historiennes (et de nombreux doctorants et doctorantes) des disciplines de l’histoire moderne et contemporaine avides de comprendre le mouvement des humanités numériques. Plus attentif à porter mes deux communautés de formation (histoire médiévale et archéologie) vers les humanités numériques et surtout en raison de la création d’Huma-Num, je n’ai vu que récemment l’envol de cette une nouvelle « histoire à de l’ère numérique ». Si les historiens et historiennes ont depuis longtemps forgée des bases de données, gérés et utilisés des données quantitatives et qualitatives, il me semble qu’il souffle un vent un peu nouveau depuis quelques années en particulier sur trois points : la réflexion sur les méthodes de l’historien doublée une réflexion épistémologique assez poussée sur les sources de l’historien ; la place de l’outil (au sens large) dans la recherche et l’enseignement de l’histoire à l’université ; enfin, résultante de ce dernier point, le renouvellement des pratiques de l’enseignement de l’histoire dans le supérieur.</p>

<h3 id="de-nouvelles-sources-et-un-recul-à-prendre">De nouvelles sources et un recul à prendre</h3>

<p>Quand <a href="https://www.c2dh.uni.lu/people/frederic-clavert">Frédéric Clavert</a> utilise comme source de ses travaux des tweets, il fait entrer de nouveaux contenus (courts, liés à un contexte temporel, etc.) dans la bibliothèque du chercheur. Il y fait aussi entrer de la technique, de la documentation informatique, du code qui entraine obligatoire la nécessité d’une épistémologie des contenants au même titre que de celle des contenus.</p>

<p>Construire le réservoir de connaissance de l’historien à partir d’une API (ici celle de Twitter) implique une « diplomatique de l’API et du code » qui va traiter les données et une explicitation des choix qui seront fait par l’historien ou historienne des structures de la base de données. Même si de nos jours ce travail est mal pris en compte dans l’évaluation de la qualité des travaux, ce n’est qu’un moment. Demain, la « diplomatique de l’API » sera au centre de l’attention portée à compréhension des conclusions et connaissances nouvelles avancées par cette profession.</p>

<p><img src="/log/media/IMG_9280-624x468.jpg" alt="T" /></p>

<p><em>Consultation collective d’archives historiques, géographiques et cartographiques sur ISIDORE tactile, 2018 – Photo : S. Pouyllau.</em></p>

<h3 id="loutil-dans-la-recherche-et-dans-lenseignement">L’outil dans la recherche et dans l’enseignement</h3>

<p>Quand <a href="https://www.franziska.fr">Franziska Heimburger</a>, <a href="https://e-ruiz.com">Émilien Ruiz</a> ou <a href="https://consciences.hypotheses.org">Caroline Muller</a> diffusent leurs impressions, conseils, « trucs et astuces » et réflexions sur Zotero et autres outils, via leurs différents carnets de recherche, blogs, sites web, conférences, journées d’études, ils/elles placent l’outil numérique dans la recherche. Le programme informatique est dans leurs mains d’historiens et historiennes et c’est par leurs critiques et impressions qu’ils entrent dans le cartable de tous les futurs historiens et historiennes qu’ils/elles forment. Par leurs essais, pour leurs propres besoins, entourés (ou pas) de personnels d’accompagnement des SHS, ils/elles ont construit des protocoles du traitement des données de l’histoire. Ce n’est par la confrontation à la donnée et aux outils standards et finalement assez loin des grandes manœuvres, parfois un peu oppressante, de la normalisation et de l’internationalisation des pratiques par l’innovation, qu’ils/elles forgent leurs applications et leurs chaines de traitement des données.
Maintenant, ils/elles sont dans le partage de ces protocoles, ils/elles « prescrivent » et assument de le faire sans positionner ce savoir en tant que « science auxiliaire », c’est à dire à « coté » de l’histoire. Il me semble qu’il y là quelque chose d’intéressant. En effet, assumer d’être producteur de connaissance, forgeurs d’outils pour produire ces savoirs tout en assurant la critique, la promotion et l’enseignement de l’évolution des techniques de son propre métier — dans un domaine où l’on sépare encore largement le savoir érudit de comment il est produit, me semble relever d’une avancée considérable et d’une aventure passionnante. Car au-delà de l’important renouvellent les problématiques de recherche qu’ils/elles portent, ils/elles font évoluer les choses.</p>

<p>Enseigner à l’ère numérique</p>

<p>Quand <a href="https://www.martingrandjean.ch">Martin Grandjean</a> et ce petit groupe enseignent, ils intègrent dans leurs enseignements les méthodes et les (ou leurs) outils numériques. Ils modifient fortement et pour longtemps dans la façon d’enseigner l’histoire même si quelques retours en arrière peuvent être possibles malheureusement (sans doute dues à des contraintes passagères qu’à des réactions d’opposition construites et réfléchies).
Plusieurs billets ont récemment très bien détaillé je trouve cette appropriation du numérique dans les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche en histoire : Emilien Ruiz l’a très bien exprimé dans <a href="https://boiteaoutils.info/2018/03/sspq/">“Historien·ne·s numériques : gare au SSPQ !”</a> :</p>

<p><em>« Je suis, depuis longtemps, convaincu de la nécessité d’un ancrage disciplinaire de la formation numérique des étudiants : pour ne pas être dépendants des outils, pour se garder tant des envolées lyriques que des rejets dédaigneux, c’est en historiennes et historiens que nous devons appréhender les instruments informatiques et les ressources numériques à notre disposition. »</em></p>

<p>Le billet de Caroline Muller, <a href="https://consciences.hypotheses.org/1417">“Le cours « de numérique » est un cours comme les autres”</a> est aussi dans cette idée et va plus loin :</p>

<p><em>« Il était donc certainement nécessaire de passer par cette étape du champ séparé des « humanités numériques », même s’il a peut-être contribué, en retour, à instituer l’idée que c’est un monde à part, et retardé l’intégration aux pratiques et formations disciplinaires classiques. »</em></p>

<p>Ces billets sont des marqueurs bien visibles et pour une large audience, des transformations qui s’opèrent actuellement dans les parcours de L et M à l’université. En disant cela il me sera sans doute opposé l’idée qu’il s’agit là de parcours particuliers dus à la personnalité de quelques-uns ou quelques-unes, que ce n’est pas un mouvement de masse, que l’université n’est pas (ou n’est plus) en mesure d’en faire un enseignement pour tous, que les pratiques mettront 25 ans à changer, qu’il y a la question des moyens et de la formation continue du personnel enseignant post-recrutement, etc. Je sais tout cela.</p>

<p>Cependant je ne veux pas attendre que l’université s’y mette pour souligner l’importance du travail fait en ce moment par ces quelques personnes qui sont en train de faire évoluer sans pour autant être dans la « disruption ». D’autres me diront que du point de vue des métiers de la connaissance (documentation, bibliothèques, archives) cela n’est pas nouveau et qu’il y a encore beaucoup de travail. Je répondrai, tant mieux ! Cette évolution du métier d’historiens et historiennes que porte ce petit groupe vous permettra sans doute de faire évoluer les vôtres ! Cela faut d’ailleurs pour les sciences du numériques et la mise en oeuvre des infrastructures de recherche : délivrer de la « puissance numérique » doit tenir compte de ces évolutions et il faut éviter de plaquer des pratiques numériques issues d’autres communautés car — pour l’histoire, ces pratiques de l’ère numérique sont clairement en train d’être portées, d’être discutées par les enseignants-chercheurs du domaine. On fait un pas de coté, on observe et on accompagne.</p>

<p><img src="/log/media/IMG_6896-3-624x805.jpg" alt="IBM" /></p>

<p><em>IBM 129 Card Data Recorder (IBM System/370, 1971) – Photo : S. Pouyllau</em></p>

<p>Comme je dis depuis longtemps maintenant, faire de la recherche en SHS, depuis l’arrivée de l’ordinateurs (1972-1989), puis du Web (1989-), puis de l’ère numérique (que je fais débuter à l’arrivée des smartphones — en gros en 2007, et qui ont complété le carnet d’archives), c’est mixer les métiers. C’est faire à minima de 20 à 30% du chemin vers les autres métiers : de l’informatique, de la donnée, de l’archive. Le fait que ce mouvement irrigue en temps réel les enseignements est une chose importante car cela veut dire évidement que l’agilité et l’autonomie face aux données et aux outils s’améliore pour les historiens et historiennes, que la critique des méthodes et des outils se renforce et que les thématiques de recherche seront interrogées différemment.</p>

<p>En conclusion, si je me permets de mettre la lumière sur ces quelques personnes, pour certains et certaines croisés récemment, je le fais volontairement car il me semble qu’ils/elles sont plus assis sur la tête que sur les épaules des géants. Ce que je vois de cette évolution de l’historien me plait car elle place le numérique au bon niveau au bon moment. Surtout, le plus important à mes yeux, c’est que le bon niveau et le bon moment sont le fruit de leur travail mixant leurs pratiques et l’import de savoirs extérieurs (informatique, etc.) dans ce qu’ils/elles définissent comme le périmètre de l’historien/historienne.</p>

<p>Je veux par ce billet les remercier (eux et tous ceux qui ce placent de façon raisonnée dans l’ère numérique) d’avoir compris qu’il ne fallait pas forcement cultiver le champ qu’on leur destinait, et que pour cela il fallait mettre à jour leurs outils et la façon de les utiliser tout en s’imprégnant des travaux, des erreurs faites et des contraintes de leurs temps. Ils/elles sont des aussi des <em>pionniers</em>.</p>]]></content><author><name>Stéphane Pouyllau</name></author><category term="SHS" /><category term="numériques" /><category term="digital humanities" /><category term="SHS" /><category term="histoire" /><summary type="html"><![CDATA[Post sur l'emergence de la génération post-DH des chercheurs en SHS.]]></summary></entry><entry><title type="html">MédiHAL, 5 ans et 24000 photos et images scientifiques plus loin…</title><link href="http://localhost:4000/log/shs/archives/photographie/2016/05/31/medihal.html" rel="alternate" type="text/html" title="MédiHAL, 5 ans et 24000 photos et images scientifiques plus loin…" /><published>2016-05-31T14:49:31+02:00</published><updated>2016-05-31T14:49:31+02:00</updated><id>http://localhost:4000/log/shs/archives/photographie/2016/05/31/medihal</id><content type="html" xml:base="http://localhost:4000/log/shs/archives/photographie/2016/05/31/medihal.html"><![CDATA[<p>Lancé en 2010 par le <a href="https://www.ccsd.cnrs.fr">Centre pour la communication scientifique directe</a> du <a href="https://www.cnrs.fr">CNRS</a> et avec l’aide du TGE Adonis (devenu depuis <a href="https://www.huma-num.fr">Huma-Num</a>) et du CN2SV, <a href="https://medihal.archives-ouvertes.fr">MédiHAL</a> est une archive ouverte de photographies, d’images, et maintenant de vidéo qui compte plus de 24000 entrées venant principalement du domaine des SHS (mais pas que !). Ayant participé à sa création avec S. Kilouchi, D. Charnay et L. Capelli, je suis très content du chemin parcouru par ce projet, modeste au départ, qui fut réalisé rapidement (quelques mois) et finalement avec assez peu de financement (uniquement les salaires des acteurs concernés).</p>

<p><img src="/log/media/MEDIHAL2016-768x692.png" alt="001" /></p>

<p>Après 5 ans de travail autour de MédiHAL, principalement dans l’animation/promotion de cet objet et dans la validation des dépôts,  et parce que mes occupations actuelles au sein d’Huma-Num sont très intenses, j’ai estimé qu’il était temps de passer la main à d’autres. C’est désormais, le CCSD qui assurera la validation des dépôts dans MédiHAL ainsi que la définition des évolutions futures de la plateforme. Beaucoup de personnes ont contribué à améliorer MédiHAL depuis le début et j’espère que cela continuera car si l’outil se veut simple, il y aura toujours des choses nouvelles à proposer autour des archives ouvertes de données (en particulier en lien avec les publications). MédiHAL contient des images et des photographie qui ont aujourd’hui une valeur scientifique et patrimoniale particulière qui raisonnent avec l’actualité, en particulier les séries de photographies du temple de Bêl à Palmyre (Syrie) issues des collections de l’Institut Français Du Proche-Orient (ifpo).</p>

<p><img src="/log/media/Palm.png" alt="002" /></p>

<p>J’ai été très heureux de participer à ce projet et je lui souhaite plein de bonnes choses pour le futur ! Et via <a href="https://isidore.science">ISIDORE</a>, qui moissonne MédiHAL et HAL, je regarderai avec bienveillance grandir le corpus de MédiHAL !</p>]]></content><author><name>Stéphane Pouyllau</name></author><category term="SHS" /><category term="archives" /><category term="photographie" /><category term="digital humanities" /><category term="photographie scientifique" /><summary type="html"><![CDATA[Lancé en 2010 par le Centre pour la communication scientifique directe du CNRS et avec l’aide du TGE Adonis (devenu depuis Huma-Num) et du CN2SV, MédiHAL est une archive ouverte de photographies, d’images, et maintenant de vidéo qui compte plus de 24000 entrées venant principalement du domaine des SHS (mais pas que !). Ayant participé à sa création avec S. Kilouchi, D. Charnay et L. Capelli, je suis très content du chemin parcouru par ce projet, modeste au départ, qui fut réalisé rapidement (quelques mois) et finalement avec assez peu de financement (uniquement les salaires des acteurs concernés).]]></summary></entry><entry><title type="html">THATCamp 2010 : la communauté française des digital humanities</title><link href="http://localhost:4000/log/dh/2010/05/23/THATcampParisOn.html" rel="alternate" type="text/html" title="THATCamp 2010 : la communauté française des digital humanities" /><published>2010-05-23T19:49:31+02:00</published><updated>2010-05-23T19:49:31+02:00</updated><id>http://localhost:4000/log/dh/2010/05/23/THATcampParisOn</id><content type="html" xml:base="http://localhost:4000/log/dh/2010/05/23/THATcampParisOn.html"><![CDATA[<p>Après deux jours d’ateliers, démos, débats, discussions le THATCamp Paris 2010, la non-conférence sur les digital humanities, lance <a href="https://tcp.hypotheses.org/318">le Manifeste des digital humanities</a>. Ce texte, fondateur de la communauté des digital humanities en France est très important. Il a permis tout d’abord de répondre à la question posée dans le THATCamp : « voulons-nous travailler ensemble ? ». La réponse est largement positive à mon sens.</p>

<p><a data-flickr-embed="true" data-footer="true" href="https://www.flickr.com/photos/revuesorg/4624412716/" title="THATCamp Paris 2010, sur la Baleine blanche"><img src="https://live.staticflickr.com/3363/4624412716_9bed9d13eb_z.jpg" width="427" height="640" alt="THATCamp Paris 2010, sur la Baleine blanche" /></a><script async="" src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script></p>

<p>Ce besoin de travailler ensemble est partagé par tous, et nous avons vu qu’il dépasse bien évidement les cadres institutionnels actuels. C’est une vision personnelle, mais ces derniers me semblent peu adaptés au développement d’une communauté qui a conscience que les actions locales se font mieux si elle s’appuient sur des structures nationales mutualisées (ex. grilles de calcul, infrastructures d’hébergement de données, services d’archivage de données numériques). J’invite tous les lecteurs de ce blog, qui soient ou qui se sentent acteurs des digital humanities à signer ce Manifeste qui pose les bases claires d’une communauté se donnant des objectifs précis.</p>

<p>Je pense en particulier aux documentalistes qui sont dans les laboratoires de recherche des sciences humaines et sociales, et dont certains étaient au THATCamp Paris 2010, mais que je trouve toujours trop absents de ces moments de réflexion sur l’évolution des métiers, méthodes, etc. Les documentalistes font un travail de production sur le terrain très important. Au delà des centres de documentation et des bibliothèques de recherche, certains coordonnent réellement des projets de recherche sur le plan documentaire et donc sont pleinement dans les problématiques dont nous avons discutées lors de ces deux jours.</p>

<p><a data-flickr-embed="true" data-footer="true" href="https://www.flickr.com/photos/revuesorg/4624412046/in/photostream/" title="Les fonds iconographiques numériques / Digital image archives (Stéphane Pouyllau)"><img src="https://live.staticflickr.com/3390/4624412046_aa0efc5a75_z.jpg" width="640" height="427" alt="Les fonds iconographiques numériques / Digital image archives (Stéphane Pouyllau)" /></a><script async="" src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script></p>

<p>Par exemple, le point 14 du Manifeste propose de construire, de façon itérative, des cyberinfrastructures correspondant à des besoins réels. Voici un chalenge difficile, pris entre les intérêts des économies locales de la recherche proches des chercheurs (Universités, Maisons des sciences de l’homme par exemple) et ceux « inter-nationaux », européens par exemple, pourtant nécessaires mais complexe à comprendre tant il est difficile pour un chercheur de s’y projeter.
Un exemple a été pris par Got sur les questions de l’archivage des données numériques (la mémoire du XXIe siècle). Il faut accepter de faire confiance à une autre institution, à une autre personne, pour archiver ses propres données, issues d’une collecte qui a pu prendre, parfois, toute une vie. « Accepter de faire confiance » c’est avant tout reconnaitre que l’on est pas compétent pour traiter tel ou tel sujets, ou techniques, ou méthode. Cela ne veut pas dire que l’on va perdre « la main » sur les données (les mécanismes de contrôle d’accès existent et sont fiables). Cela ne veut pas dire non plus qu’il ne faut pas tenter de comprendre (loin de moi l’idée de saucissonner les métiers et les taches), mais c’est reconnaitre qu’à un moment, il faut accepter de faire 10 à 15% d’un travail pour lequel l’on ne sera pas reconnu, qui ne comptera pas dans son évaluation personnelle, afin de transmettre à un autre de l’information afin qu’il l’archive, la traite, l’édite, la valorise, la distribue, etc. et vous la repasse parfois pour en faire autre chose. C’est l’un des enjeux majeur du Manifeste selon moi. Les cyberinfrastructures seront ce que nous en ferons, pour cela il faut accepter de faire 10 à 15% du chemin vers le collègue (l’ingénieur ou le chercheur) qui a une ou plusieurs compétences et donc qui a un Métier. C’est aussi considérer que ce qu’il fait est égal à ce l’on fait. Publier un article dans une revue de rang A est égal à concevoir un logiciel permettant de calculer des résultats à partir de données : la seconde tache permettant de faire la première, la première est dépendante de la seconde et la seconde sans la première dans pas de finalité réelle (exception faite pour les questions d’archivages).</p>

<p>Pour moi, il s’agit là d’une formidable aventure que la communauté des digital humanities, rassemblée autour du Manifeste, doit mener.</p>]]></content><author><name>Stéphane Pouyllau</name></author><category term="DH" /><category term="digital humanities" /><category term="Paris" /><category term="THATCamp" /><summary type="html"><![CDATA[Après deux jours d’ateliers, démos, débats, discussions le THATCamp Paris 2010, la non-conférence sur les digital humanities, lance le Manifeste des digital humanities. Ce texte, fondateur de la communauté des digital humanities en France est très important. Il a permis tout d’abord de répondre à la question posée dans le THATCamp : « voulons-nous travailler ensemble ? ». La réponse est largement positive à mon sens.]]></summary></entry></feed>